Le corps comme obstacle et comme chemin
L'Artist's Way aide les danseurs car elle sépare la créativité de la capacité physique. Pour ceux qui ont vécu la danse, cette distinction est révolutionnaire : lorsque le corps tombe en panne – à cause d’une blessure, à cause de l’âge, à cause de l’épuisement – le danseur a le sentiment de perdre non seulement son métier, mais toute son identité créatrice. La méthode de Julia Cameron démontre que la source de la créativité ne réside pas dans les muscles, mais dans l'attention, l'imagination et la pratique quotidienne, et que cette source est toujours là même si le corps ne saute plus comme avant.
Il y a une cruauté particulière dans la danse. L’instrument du danseur est périssable, contrairement à celui de l’écrivain ou du peintre. Un romancier écrit mieux à soixante-dix ans qu’à trente ans ; Un danseur classique vit contre la montre de son propre corps. Et lorsque cette horloge s’écoule – ou est avancée à la suite d’une blessure – le blocage créatif qui s’ensuit ne ressemble à aucun autre. Ce n'est pas « Je ne peux penser à rien » ; est "Je ne peux plus faire ce en quoi consistait ma créativité". Ce chagrin du corps a besoin d’une issue, et la méthode en offre une.
L’idée libératrice : Le corps est votre instrument, mais ce n'est pas votre créativité. Pina Bausch n'a pas créé ses œuvres les plus célèbres avec le saut le plus haut, mais avec le regard le plus profond sur ce qui est humain. La danse-théâtre qui a révolutionné le XXe siècle est née de questions et non d’exploits physiques. La créativité d'un danseur peut survivre et se transformer bien au-delà de son apogée physique.
Pina Bausch et la danse qui vient de l'intérieur
Pina Bausch (1940-2009), la chorégraphe allemande qui a fondé le Tanztheater Wuppertal, a changé à jamais l'idée de ce que pouvait être la danse. Ses pièces ne recherchent pas la virtuosité technique mais plutôt la vérité émotionnelle : des danseurs qui parlent, répétant les gestes du quotidien jusqu'à devenir hypnotiques, des scènes recouvertes de terre ou d'eau. Bausch a travaillé en faisant demandez à vos danseurs -sur la peur, l'amour, l'enfance- et construire des chorégraphies basées sur leurs réponses.
Cela correspond profondément à l'esprit de Cameron. Bausch a compris que la matière de la création est dans la vie intérieure, dans la biographie, dans les questions honnêtes, non dans la perfection du geste. Un danseur qui accepte cette vérité cesse de dépendre exclusivement de son physique pour créer. Il commence à voir que son expérience, son regard et sa capacité à se poser des questions sont une matière chorégraphique. Et pour accéder à cette matière intérieure, les outils de Cameron sont idéaux.
"Je ne m'intéresse pas à la façon dont les gens bougent, mais à ce qui les fait bouger."
Pina BauschPages du matin pour le danseur
Le pages du matin Ils ont une double valeur pour un danseur. Le premier est commun à tous : vider le bruit mental, drainer l’anxiété, se vider la tête. La seconde est propre à son métier : donner la parole à un corps entraîné depuis des années à garder le silence.
Le danseur professionnel apprend dès l’enfant à obéir, à supporter la douleur, à ne pas se plaindre, à soumettre son corps à la discipline. Cette formation produit des merveilles techniques, mais aussi une déconnexion : de nombreux danseurs ont passé des décennies sans se demander ce qu'est ils veulent exprimer, parce que son travail consistait à exécuter ce que d'autres chorégraphiaient. Les pages du matin ouvrent, pour la première fois pour beaucoup, un espace où peut apparaître sa propre voix. Non pas la voix du corps qui obéit, mais celle de l'artiste qui a des choses à dire. Pour un danseur qui souhaite passer à la chorégraphie, ce passage d'interprète à auteur commence souvent dans le cahier.
Le rendez-vous avec l'artiste en mouvement
La rendez-vous avec l'artiste Pour un danseur, il ne s’agit pas nécessairement d’un simple cours de danse. En fait, cela ne devrait pas être le cas. Le rendez-vous est de remplir le puits, pas de former. Cela peut être aller voir une exposition, se promener dans un marché en observant comment les gens bougent, écouter de la musique allongé sans danser, aller au théâtre pour voir quelque chose qui ne danse pas. L’essentiel est que c’est un jeu, pas un travail ; la nutrition, pas la performance.
Il existe une variante particulièrement puissante pour les danseurs blessés ou en transition : la citation comme mouvement libre sans technique ni miroir. Déplacez-vous dans la maison les yeux fermés, sans marches, sans correction, quelle qu'en soit la forme. Pour un corps entraîné aux exigences, en mouvement mal D’ailleurs, c’est une énorme libération. Rappelons qu'avant d'être une discipline, le mouvement était un plaisir. Cette reconnexion au plaisir du corps est, pour beaucoup de danseurs bloqués, le début du dégel.
Quand arrive la blessure ou la fin de carrière
La blessure grave et la fin inéluctable de la carrière scénique sont les deux moments les plus durs, et ceux dans lesquels la méthode aide le plus. Il convient de souligner d’abord une évidence : une blessure nécessite des soins médicaux et une rééducation professionnelle. Rien de ce qui suit ne remplace cela. Mais la blessure qu’ouvre la blessure n’est pas seulement physique ; C'est celui du sens. Et là, le travail intérieur compte autant que la physiothérapie.
Les pages du matin lors d'une blessure font un travail similaire à ce qu'elles font dans le duel: ils donnent la place à la peur, à la colère, à l'incertitude sur l'avenir, sans exiger de solutions. Et peu à peu, presque sans que le danseur ne le recherche, d'autres manières de poursuivre la danse commencent à apparaître dans ces pages : enseigner, chorégraphier, écrire sur la danse, mettre en scène, concevoir le mouvement pour d'autres corps. La créativité trouve de nouveaux canaux lorsque l'ancien se ferme, mais elle a besoin d'un espace où ces canaux peuvent être dessinés avant qu'ils n'existent. Cet espace, ce sont les pages.
Danseurs en transition : La fin de la carrière scénique n’est pas la fin de la vie créatrice en danse, même si cela peut paraître tel. Bon nombre des meilleurs chorégraphes, professeurs et metteurs en scène sont des danseurs qui ont arrêté de monter sur scène. La méthode contribue à faire de cette transition une transformation choisie, et pas seulement une perte subie.
Une entrée pour les danseurs bloqués
Si vous êtes danseur et que votre créativité semble bloquée en raison d'une blessure, de la routine de l'entreprise, d'une transition de carrière ou simplement d'un épuisement, essayez cette entrée pendant trois semaines.
Commencez par les pages du matin chaque matin, avant l'échauffement ou le premier cours. Écrivez-les à la main, sans penser à la danse, en laissant échapper ce qui est là. Si vous obéissez à votre corps depuis des années, donnez enfin la parole à votre voix.
Ajouter une date avec l'artiste hebdomadaire no be dance : une galerie, un concert, une longue promenade observant le mouvement du monde. Et, si votre corps le permet, une séance de mouvements libres sans miroir ni technique, juste pour le plaisir perdu de bouger quelle que soit la forme.
Voyez ce qui apparaît sur les pages au fil des semaines. Un désir enfoui émergera presque certainement : une idée de pièce, une question que vous souhaitez explorer avec votre corps, une vie dansée différente de celle que vous avez menée. Écrivez-le sans le juger. Comme le disait Bausch, l’important n’est pas la façon dont vous bougez, mais ce qui vous bouge. Le Chemin de l'Artiste existe, pour un danseur, pour vous donner accès à ce qui vous émeut intérieurement, où que se trouve votre corps.